Evaluation du travail avec les femmes « gagne-petit », six mois après

Par Solange Gasanganirwa

Dans le cadre du projet d’accompagnement de femmes « gagne-petit », le programme Genre de Pole Institute s’est rendu sur terrain tôt le matin du 04 mai 2016 pour une séance d’évaluation de l’impact de son action six mois près le début du travail avec le nouveau groupe membre de l’association MAODI.

En effet, l’association Mamans Organisées pour le Développement Intégré “MAODI” existe, sous l’impulsion du programme genre de Pole Institute, depuis Octobre 2015. En plus des séances de conscientisation tenues deux fois par mois dans leur milieu, deux grandes formations ont eu lieu dans l’enceinte de Pole, une avec les femmes et une autre avec les couples, respectivement en mars et avril 2016. Le travail avec les femmes entre elles a pour objectif de consolider la solidarité entre elles et de les initier sur l’épargne et la gestion de leur petit commerce. Tandis que la formation des couples veut faciliter les discutions sur la paix dans leur foyer.

Six mois après la constitution du groupe et un accompagnement régulier il a fallu faire une première évaluation. Ce suivi-évaluation des effets et impacts des actions menées a pour objectif de réorienter le travail et de consolider les acquis.

Effet et impact sur l’économique :

- Au moment de l’identification, la plupart de ces femmes disaient qu’elles consommaient tout le bénéfice journalier de leur petit commerce sans se soucier du lendemain (bien manger par exemple sans rien réserver pour demain).
- La réalisation d’une épargne collective, qui a commencé en novembre 2015, est le fruit de la conscientisation d’octobre et novembre 2015, moment à laquelle ces femmes « gagne-petit » ont choisi le nom du groupe qui reflète leur vision. 31 femmes ont commencé les cotisations à ce moment précis. Aujourd’hui elles sont au nombre de 59 sur 77 femmes qui pratiquent l’épargne collective.
- Certaines utilisaient le capital pour répondre à une urgence qui se présentait. Après la formation, une d’elles a témoigné de la discipline qu’elle s’impose en faisant la part des choses. Elle utilise le bénéfice produit et non plus le capital d’affaire.
- Une femme qui vendait pour autrui a pu réunir un capital personnel grâce à l’épargne personnelle en dehors du groupe.
- Depuis le mois de février des prêts rotatifs remboursables sur trois mois, avec un intérêt de 5% le mois, sont octroyés aux membres. 8 femmes renforcent leur petit capital existant ou sortent du cercle vicieux d’endettement et de vente pour autrui.
- Une épargne volontaire journalière et personnelle est tenue une fois le prêt octroyé, parallèlement avec l’épargne collective mensuelle. Il est obligatoire de garder son épargne propre au sein du groupe pour diverses raisons : c’est non seulement un moyen de favoriser et renforcer cette épargne personnelle, mais aussi, c’est une manière de contrôler pour s’assurer que le membre utilise le prêt pour le seule commerce, de garantir la capacité de remboursement à l’échéance et de constituer un nouveau capital au moment du remboursement du prêt au groupe.

Effet et impact sur la paix dans les ménages

En date du 7 et 8 avril 2016, une formation de deux jours a été organisée pour 45 couples de femmes « gagne-petit ». Le mariage, les violences domestiques, le partage des tâches, le partage des charges, la sexualité et l’éducation des enfants sont des thèmes qui ont été débattus lors de cet atelier. Les époux ont ainsi pu échanger leurs expériences et les difficultés qu’ils rencontrent dans leur ménage, ainsi que les comparer à ceux d’autres couples aux conditions de vie similaires, le but étant de favoriser le dialogue entre eux.
A la suite de ce suivi-évaluation des témoignages font état d’une grande satisfaction chez les épouses qui constatent des gros efforts et des améliorations de la part des époux.

- 16 sur 47 femmes présentes au moment de l’évaluation affirment que la collaboration et le dialogue se sont installés dans leur ménage. Cela se manifeste par des petits gestes tel soutenir la femme financièrement, quelque soit le montant dont il dispose, ou adresse un bonjour à sa femme, s’enquérir des nouvelles de la famille avant de passer à autre chose le soir au retour de son travail.
- L’implication du père dans le redressement du comportement de l’enfant sans utiliser la violence physique et sans victimiser la mère. Le père conseille et fait de l’enfant son ami (e).
- Le mari dévoile son salaire à la femme, etc.

Quant au changement comportemental des femmes, ces dernières estiment qu’elles doivent être évaluées par leur mari. Cette première évaluation faite avec les femmes « gagne-petit » membres de l’association MAODI prouve au Programme Genre que son travail n’est pas de la peine perdue, au contraire.

Goma, mai 2016.

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