Un atelier de formation à la non-violence active : Les jeunes du mouvement Nova en session de quatre jours à Pole Institute

Un atelier de formation à la non-violence active
Les jeunes du mouvement Nova en session de quatre jours à Pole Institute

Au cours du mois de septembre, pendant quatre jours, Pole Institute a organisé un atelier de formation à la non-violence active au profit du groupe Nova, une organisation des jeunes des universités de la ville de Goma. 21 jeunes ont participé activement à cette formation, sous la responsabilité du professeur Kä Mana. Cette formation a été demandée par les jeunes à la suite de l’échec d’une conférence-débat qu’ils avaient voulu organiser à l’université de Goma et qui n’avait pas pu avoir lieu à cause des menaces d’usage de la violence proférées par d’autres étudiants, selon une logique devenue chronique au sein de cette institution de formation supérieure. Face à cette situation, le mouvement Nova (Non-violence active) avait cherché à faire comprendre à ses adhérents le bien-fondé de son option idéologique pour la non-violence, malgré l’ambiance d’exaltation de la violence au sein de l’université de Goma.
A ses yeux, Il était important d’expliquer la non-violence comme logique fondamentale de la vie non seulement à l’Unigom, mais partout dans le Kivu et en RDC. L’atelier organisé à Pole Institute l’a fait à partir des théories des grands auteurs contemporains de la non-violence comme Gandhi, Martin Luther King, Jean-Marie Muller, Matthieu Ricard et René Girard. En plus, à travers des situations concrètes des pays comme l’Afrique du Sud pendant l’apartheid et la République Démocratique du Congo durant la dictature de Mobutu et aujourd’hui encore, il fallait montrer comment la dialectique de la violence et de la non-violence ressortit à une rationalité très complexe qu’il faut décortiquer sans naïveté ni complaisance, selon une intelligence qui ouvre les horizons d’une humanité fraternelle tout en luttant contre les pratiques de destruction de l’humain qui dominent les sociétés contemporaines. Dans ces sociétés, le problème n’est pas de choisir de manière abstraite entre violence et non-violence, mais de savoir quelle est l’éthique anthropologique à développer si l’on veut que l’humanité ne sombre pas dans le chaos, à plus ou moins brève échéance.
De même, il convient de savoir comment combattre les puissances du chaos avec les forces de l’humain. On ne peut pas le faire sans des bases éducatives solides fondées sur des valeurs de civilisation dignes de grandes quêtes de l’humain. Cette éducation a pour champ tous les lieux où l’on apprend aux enfants à accéder à l’âge adulte, notamment : la famille, l’école, les universités, les églises, la société civile et les partis politiques. Ces lieux d’ensemencement éthique ont besoin des logiques initiatiques qui déploient une anthropologie du respect de soi et du respect des autres, de l’échelle la plus restreinte de la vie jusqu’aux échelles gigantesques des relations entre peuples, pays et aires de civilisation.
A toutes ces échelles, il est important de comprendre pourquoi la violence semble dominer la logique sociale. C’est quand on maîtrise les ressorts de la violence qu’on peut parvenir à lutter contre eux par les logiques de la non-violence : celles de la compassion, de l’altruisme, de la coopération, de la convivialité et de la civilisation fraternelle. Les recherches menées ces dernières années dans le monde scientifique montrent que ce sont ces logiques de la compassion, de l’altruisme, de la coopération, de la convivialité et de la civilisation fraternelle qui ont porté l’humanité en profondeur tout au long de l’histoire et lui assurent encore l’avenir. Il faut étudier ces logiques, les enseigner, en fertiliser les esprits et les consciences afin de ne pas laisser croire que c’est la violence qui conduit l’histoire. Il y a certes de la violence dans l’histoire, mais la violence n’est pas le moteur de l’histoire. Le moteur, c’est l’altruisme, ce que Martin Luther King a appelé la force d’aimer, la capacité à se mettre à la place de l’autre pour saisir ses besoins, ses problèmes, ses souffrances, ses espérances et ses quêtes. Cette force conduit l’humanité sur la voie des valeurs dont nous avons encore besoin dans le monde d’aujourd’hui pour ouvrir la vie à l’avenir.
C’est dire que le monde a besoin de créateurs d’avenir : des hommes capables de choisir la non-violence contre la violence. Celle-ci a atteint actuellement des sommets qui font craindre la destruction de la nature et la disparition de l’homme sur terre. Gans un tel contexte, le choix est entre la capitulation devant cette violence et la décision de construire une civilisation d’humanité.
Les jeunes doivent comprendre cet enjeu ultime et faire le choix qui convient dans leur existence de tous les jours.

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