Si l’uniforme pouvait parler…

Si l’uniforme pouvait parler…

Maryse Grari

Bien qu’épouse d’officier, je n’avais jamais vu autant de militaires dans une ville qu’en arrivant à Goma.  Hommes de troupe en patrouille, observateurs militaires, membres d’Etat Major… circulant en uniformes, armés ou non, dans de gros 4X4 blancs.  En 2010, j’ai pris une photo du personnel du quartier général de la MONUC à Goma : 20 officiers de 8 nationalités.  Tous dans des tenues de camouflage aux couleurs et motifs différents.  Leur point commun ? De visu : un simple écusson bleu clair.  Mais aussi, je l’ai découvert, des souhaits et des frustrations…

La guerre a toujours existé.  Ma famille m’avait raconté l’entrée des Allemands chez nous, leur attitude de propriétaire, la colère tue de ceux qui vivaient comme un outrage leur présence sur leurs terres, dans leurs maisons.  Puis la joie ressentie à l’arrivée des Alliés, des libérateurs.  Désormais et ici, le vocabulaire a changé.  Ainsi que la réalité.  Les militaires de l’UN ou de l’OUA sont là pour le maintien ou le rétablissement de la paix, la protection des civils, la stabilisation.  Ils ne libèrent pas mais soutiennent les efforts d’une armée dépassée ou divisée et d’un Etat, au mieux, blessé.  Ils sont UN des maillons de la chaîne, de la machine déployée.  Car il y a aussi une armada d’ONG et des centaines de civils.  Si tous ces acteurs parachutés parfois pendant des années voire des décennies prétendent contribuer de loin ou de près au même objectif -  l’amélioration de la situation -, ils ne se perçoivent pas entre eux comme des collaborateurs.

On m’a dit un jour « une mission de l’ONU est une mission dirigée par les civils.  Les militaires en sont les serviteurs. »  Or, les humanitaires ont comme tradition de se tenir éloignés des uniformes de peur que leur soi-disant  image de neutralité en soit affectée.  Les civils de l’UN les méprisent souvent.  La collaboration, quand elle existe, se fait sur coup d’informations échangées… ou non.

Mais tous vont s’attendre à être convoyés ou sauvés par ces uniformes, le jour où ça va exploser !

Si l’uniforme pouvait parler, encore faudrait-il vouloir l’écouter.

Nous sommes des acteurs de seconde ou de troisième zone, me disait un officier.  Pour nous, pas de semaine de repos toutes les 6 semaines et, alors qu’une voiture blanche de l’UN est octroyée à 2 civils, il y en a une de prévue pour 4,5 militaires.   Et il riait…  Qui est en effet le « demi-militaire » pour le fonctionnaire new-yorkais qui a pondu cette règle ? On peut se le demander. 

Pourtant, ce n’est pas sur cela que les hommes enfin en tenue décontractée discutent avec ferveur, sobres ou ivres, en soirée.  S’ils se sentent frustrés, ce n’est pas tant à cause de leurs conditions : ils sont formés à connaître bien pire et pour nombre d’entre eux, une telle affectation est une véritable opportunité financière ou de carrière.

La frustration… c’est ne pas pouvoir faire leur boulot.

Un Français me disait…

Nous, on est formés pour exécuter une mission.  Il y a un problème ? On le résout et on s’en va.   On n’a pas intérêt à rester quelque part, à s’enliser.  Une guerre, ça se gagne. Ca ne se regarde pas.

Et d’autres d’ajouter que le problème dans ces missions, ce sont les intérêts divergents.

Un Roumain disait :

Moi, j’ai un travail chez moi.  Mon Etat ne fait que me prêter à l’ONU.  Quand je rentrerai au terme de mon contrat, je serai réintégré dans mon unité.

Mais la plupart des gens d’ici, si ca va mieux, ils risquent de se retrouver sans boulot.  Quant à l’Etat où nous sommes envoyés, il n’a pas non plus intérêt à nous laisser agir comme on l’entend, sinon c’est la preuve flagrante de l’inefficacité de sa propre armée.  Et puis, avec nous, s’en irait une partie l’argent…

Lorsque l’uniforme parle, « le politiquement correct » lui passe souvent au-dessus de la tête.

Les droits de l’Homme aussi parfois…

Lors d’une soirée bien arrosée, plusieurs amis s’étaient mis à écrire sur une serviette un plan de bataille contre les groupes armés du Nord Kivu.  Selon eux il fallait juste 100 hommes expérimentés, qu’ils nommèrent avec humour « Kivu Rangers » (en référence aux Texas Rangers).

Qu’on nous donne les moyens de communication, l’information, le transport et la logistique.

Qu’on se décide enfin sur les cibles.

Et qu’on nous laisse travailler.

En quelques mois il n’y aura plus de groupes armés.

J’ai houspillé : et les droits de l’Homme ? Et la Convention de Genève ? Un officier n’est-il pas formé aussi à tout ça ?  Bien sûr, dans beaucoup de pays.  C’est au programme de l’Ecole Royale Militaire de Bruxelles, de Saint-Cyr, de West Point et de bien d’autres encore.  On y enseigne la guerre, l’histoire, le droit, la survie et aussi… des valeurs.

Un officier Hollandais me disait :

Etre officier, c’est avoir de l’honneur.  On apprend à respecter un officier ennemi comme un pompier respecte le feu qu’il tente d’éteindre.  Idéalement, on lui reconnaît d’avoir suivi une formation identique à la nôtre.  C’est juste qu’on n’est pas dan le même camp à un moment donné.  Après le conflit on se saluera, pas par affection, juste par respect.

Cependant dans ces nouveaux conflits où on les envoie, les choses sont différentes…

Il me disait…

Les chefs des GA sont souvent colonels ou généraux autoproclamés.  Ils n’ont pas plus de 30 ans.  Ce n’est pas une formation qui les a menés à ce grade mais le fait qu’ils se sont montrés les pires.  Or le système n’est pas clair.  A la fois on les reconnaît comme belligérants avec lesquels il faut négocier… et on délivre contre eux des mandats internationaux que personne ne fait respecter.

En fait, ces hommes sont des bandits, des criminels mais pas traités comme tels.

Il me raconta aussi qu’un jour, lors d’une réunion, il écrivit un texto à sa femme pour dire :

« Je suis assis à une table où se totalisent au moins 1000 ans de prison… et on prend le café ! »

Je ris… avant de réaliser que, lui, était ému et quand je lui demandais pourquoi, il me parla de ces femmes violées, de ces personnes tuées ou terrorisées, ce des villages pillés ou désertés… et du fait qu’une fois ces « chefs » retournés auprès de leurs groupes, ils donneraient surement l’ordre de recommencer.

Il ajouta…

J’aurais voulu avoir une grenade ou leur mettre une balle dans la tête.  Pas contre eux. Juste pour toutes ces vies que j’aurais peut-être sauvées.

Car… sous les uniformes qui ne parlent pas, il y a des hommes aussi et ce qu’on leur impose parfois, ils ne comprennent pas.

Lors d’une formation que j’ai contribué à donner à la MONUSCO sur « Protection des civils : Perspectives militaires », un major sud-africain m’interpela parce qu’on lui avait dit que si, lors d’une patrouille, il tombait sur une femme qui s’était fait violer ou mutiler par les membres d’un GA, il ne pouvait pas la faire monter dans sa voiture pour l’emmener se faire soigner.

Non, en effet, c’est une règle édictée par New York.  Question de responsabilité.

L’homme se refusait à accepter ça.  C’était un Military Observer, chargé plusieurs semaines durant de vivre non loin de ces villages. Sans arme. Sans protection. Avec un carnet où noter les incidents. A faire des rapports que des dizaines de gens de Kinshasa à New York recopieraient, analyseraient… peut-être.

Lui, il était là, ne sachant décider s’il préférait ou non arriver toujours un jour trop tard.  Car de toute façon, on lui laissait les mains liées.  Face à des hommes d’un GA, ses ordres étaient de négocier la reddition au moins des enfants, et la libération de ces femmes dont il craignait qu’elles vivent l’enfer depuis longtemps.  Pour le reste, il n’était pas « habilité ».  D’ailleurs, de son propre aveu, les rebelles ne l’avaient jamais menacé.  Pourquoi l’auraient-ils fait ? Quand son rapport sur leur présence sortirait, ils seraient déjà loin, eux.

Quand l’uniforme s’exprime… parfois il pleure.  En face ou à l’intérieur.  De rage, de chagrin ou d’impuissance.

Comme ces hommes du bataillon de Goma à l’arrivée du M23 qui devaient rester immobiles car on ne leur changeait pas leur mandat.  Imagine-t-on vraiment qu’ils n’ont rien ressenti face aux regards de peur et de supplication des gens ?...

Un officier me raconta :

J’ai envoyé les hommes vérifier et préparer l’armement, encore et encore, tout en sachant qu’on ne l’utiliserait pas.  Mais il le fallait pour qu’ils soient occupés, pour qu’ils s’éloignent des tourelles où ils avaient envie de monter pour voir ce qui arrivait.

Il le fallait parce qu’on n’est pas formés à attendre et à imaginer.

On est formés à être prêts, à bouger, à agir.  Rien ne les avait préparé à « ça » et je ne pouvais pas répondre autrement à leur désarroi.

« Ca », c’est l’obligation de ne rien faire parfois, faute de moyens. Ou l’interdiction de faire, malgré l’existence de moyens.

Comme ce capitaine engagé en RCA avec l’OUA qui explique…

On nous appelle parce que des hommes se font massacrer en pleine rue, à coup de barres de fer et de machettes.  Ce n’est pas la première fois.  On y est allés une fois la patrouille rassemblée.  Mais il ne faut pas se presser… sinon on fait quoi ? On tire en l’air ? La présence de témoins assistant à la scène n’a pas dérangé les hommes armés.  Mais nous, si on tire sur celui qui frappe, on sera taxés d’assassins.  Victimes et bourreaux sont des civils.  Ceux qui étaient là à filmer ces atrocités ne diffuseront pas leurs images mais si un de mes hommes abat de sang froid quelqu’un, tout le monde le verra dans les médias !

Alors on arrive pour sécuriser le périmètre… après. On compte les cadavres.  On tente de ne pas penser.

Quelqu’un me dit…

J’ai tué beaucoup d’hommes dans ma carrière.

Seulement un au Rwanda.  Pour celui-lui, j’aurais pu perdre mes galons.

Les ordres, pendant le génocide, étaient de ne pas intervenir.  « Trop compliqué »…  Certaines troupes avaient volontairement été déployées armées lourdement mais sans presque de munitions : les hommes ne devaient pas être tentés alors que les cols blancs ne savaient pas encore quelle attitude adopter.

Donc, on nous avait envoyé comme fantoches.  En attendant.  Pour nous, aucun danger : on n’était pas visés.  Les « bouchers » ne nous regardaient même pas.  Les autres nous suppliaient d’emmener leurs enfants…

Même après des années de front, je n’avais jamais vu ça.

Un jour, un homme s’acharna sur une femme enceinte.  Il avait déjà décapité le bébé qu’elle portait sur le dos.  Il lui trancha le ventre et en arracha celui qui devait naître et le jeta… comme on jette les viscères d’un poisson.

Je l’ai suivi de loin jusqu’à son campement.  Le lendemain, ses compagnons l’ont trouvé égorgé… « proprement », « silencieusement »…

L’homme se tut.  Son regard humide me fixait mais il ne me voyait plus, même quand il ajouta :

Si je ne l’avais pas fait, je ne sais pas comment j’aurais regardé dans les yeux de mes enfants en rentrant.

Quand l’uniforme parle, il crie aussi parfois.   Y compris sur sa hiérarchie.

Pense-t-on vraiment que ces militaires sont toujours satisfaits ? Qu’ils se réjouissent de ce qu’ils voient ?  On préfère sans doute se le dire, critiquer leur indifférence ou leur inertie, voire leur incompétence.  C’est tellement facile puisqu’ils ne se défendront pas. Ils ne répondront pas aux insultes, aux questions ou aux accusations.

Le « militaire », devant le « civil » ou le « politique », il se tait.

Mais il communique pourtant.  Sans rien pouvoir faire s’il n’est pas écouté.

Durant le conflit de l’ex-Yougoslavie, un bataillon Hollandais était posté le long d’une route.  Leurs sources rendaient compte de la préparation par les Serbes d’un convoi de camions qui transporteraient sans doute des Bosniaques.  Mais vers où ?...

Un officier m’explique qu’ils ont fait remonter l’information, demandant un renforcement de leurs munitions et un soutien aérien.  Tout leur fut refusé.  Ils ont donc regardé les camions remplis d’hommes, de femmes et d’enfants passer.  Ils ont re-demandé l’autorisation d’intervenir.  On leur a répondu que sans attaque directe, ils n’avaient pas autorité.

Le monde s’est plus tard ému d’avoir découvert, à quelques kilomètres de là, un immense charnier rempli des cadavres de personnes sommairement exécutées.

Les camions étaient repassés, c’est vrai… sans personne dedans.

Le commandement et les autorités civiles savaient mais quand les médias accusèrent les forces Hollandaises d’inertie, ils se turent aussi.

Facile dans ces conditions de s’indigner de la présence de troupes à proximité de villages ou de lieux de massacre.  En parallèle à ce qui s’était passé à Walikale, un officier me dit que là, ils ne savaient pas  mais en plus, il m’expliqua…

Si une section est informée ou est témoin d’exactions présentes ou en préparation, elle doit – dans une mission internationale – en informer le peloton qui, lui, informera la compagnie afin que l’info soit transmise au bataillon qui la transmettra à la brigade afin qu’on signale ça au QG.  Ce dernier devrait s’en référer aux civils onusiens qui demanderont avis à leurs collègues de NY et qui devront probablement informer ou négocier avec les autorités locales du pays hôte….

Mieux vaut donc que tout le monde parle bien l’Anglais et, pour les civils, que ce ne soit pas la nuit ou un jour férié !

Et que se passe-t-il si l’ordre vient ?

1993.  Somalie.

Des troupes étrangères sont déployées en vertu de l’article 6 de la Charte des Nations Unies.  A ce stade, elles ne peuvent que sécuriser les villages.  Et si elles arrivent trop tard ?... Vu le mandat, tant pis.

Puis on passe à l’article 7.

Trois jours plus tard, les « rebelles » attaquent, reçoivent les sommations d’usage, répétées mais… ne s’arrêtent pas.

En quelques minutes, il y aura 243 morts.

Un des officiers me dit…

J’ai donné l’ordre.  Parfois je vois encore leurs regards ébahis quand on a commencé à tirer.  Puis  la poussière s’est dissipée, ne laissant que des corps.

Je n’ai ressenti aucune joie, juste le sentiment du travail accompli.  Cette fois, au moins, les villageois pourraient vraiment se sentir en sécurité.

Puis on a compté les munitions.  Et je me suis enfermé dans mes quartiers.  Pour un village qu’on a dû laisser se faire massacrer, quelques lignes dans un rapport suffisent à nos autorités.  Mais si on a tué, il faut des tonnes de papier, des auditions devant les instances internationales et aussi nationales.  Comme si, tout d’un coup, il fallait vérifier qu’on n’avait pas tué tous ces gens qui ne nous avaient rien fait à nous sans raison.  Comme pour s’assurer qu’il était vraiment nécessaire de nous déployer dans la région.

Puis, quand la mission sera déclarée un échec par certains, toutes nos autorités feront semblant de s’excuser ou d’avoir oublié.

Pourtant, quand l’uniforme parle, il ne rend pas toujours compte des mêmes réalités.

A Kinshasa, à l’hôpital militaire, j’ai retrouvé un ami Tunisien.  Il se rendait au chevet d’un collègue gravement touché par la malaria.  On était chez eux en pleine « révolution du jasmin » et mon ami enrageait…

Je suis juste bon à le regarder crever ici.  Alors qu’au pays, son petit frère se bat pour sa famille.  Moi aussi j’attends des nouvelles des miens et ici, si mon collègue meurt, aucun Congolais ne lui dira merci !

En RDC, statistiquement, 2,5 militaires internationaux décèdent chaque mois… de maladie, d’accident ou au combat.  Ca semble peu.  Pourtant, ce sont des dizaines de cercueils renvoyés chez eux dans l’indifférence générale.  Aucun journaliste ne se demande qui étaient ces hommes.  On se cache derrière la pensée que c’était leur boulot, que ça peut arriver, que les locaux aussi disparaissent.

Certains, encore plus cyniques, rappellent qu’un mort à l’ONU, ça rapporte bien à sa famille.

Même les militaires qui l’ont mérité parce qu’ayant péri en sauvant des vies, on n’en fait pas des héros.  Ni ici, ni même dans leur pays, de peur que la population là-bas se demande pourquoi, au fond, ses fils vont mourir si loin pour des gens incapables de régler leurs soucis eux-mêmes et alors que, parfois, c’est la même chose chez eux.

Un capitaine pakistanais dut partir en mission alors qu’il venait d’apprendre que son village avait probablement été attaqué.   Quand il revint, il m’expliqua avoir dû constater les dégâts causés par des may-may.

Il me dit…

 On était en patrouille, armés.  On est arrivés juste trop tard.  Je me souviens m’être dit « heureusement qu’ils sont Noirs ! ».  Parce qu’ils avaient ressemblé à ma sœur, à mon père ou à mon voisin, je n’aurais peut-être pas résisté ce jour-là et j’aurais, en dépit des ordres, poursuivi et abattu ceux qui avaient fait ça.

Cependant, il ajouté…

Après, j’ai fermé les yeux et là, les pleurs et les cris des femmes ne sont plus différents.  L’odeur du sang et de la mort non plus.

On est tous pareils au fond.
 
D’où viennent ces uniformes silencieux et pourquoi ?

C’est leur boulot !  Souvent une année ou quelques mois d’engagement à l’étranger leur garantiront une maison qu’il leur aurait fallu autrement des années pour payer.

Parfois ils y ont cru.

Un ami Camerounais me dit, gêné…

Toi tu ne seras peut-être pas d’accord, mais nous, quand Kaddafi est mort, on a pleuré.  Pour vous, les Occidentaux, c’était un dictateur.  Pour nous à l’OUA, c’était la garantie qu’après chacune de ses visites on serait payés.  J’ai déjà fait plus de 3 mois sans solde en mission.

Et alors, on fait quoi dans ces cas-là ? Rien.

Parfois parce que c’est pareil qu’au pays : ils sont habitués.  Souvent parce que le militaire, lui, ne se plaint pas.  En France, il y a quelques années, une compagnie n’a pas été payée pendant deux mois à cause d’une erreur de comptabilité.  Ce sont les épouses des soldats qui sont allées manifester.

Dans plusieurs pays d’Afrique, les familles suivent les militaires, faute de recevoir assez de leur Etat pour vivre dans des quartiers de l’armée.  Certains accusent même les femmes de contribuer à piller les villages que leurs maris sont censés protéger.  Mais il faut bien manger…

Et puis, parfois ce sont ces mêmes soldats que l’on inclut dans les forces régionales ou internationales et qu’on tente d’auréoler soudain de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Leurs collègues commentent alors, cyniques, les attitudes « musclées » de certains.

Un officier Suédois me disait…

Va expliquer à un soldat africain qu’on ne frappe pas un prisonnier alors que lui le fait dans son pays en toute impunité et sans que ça choque vraiment qui que ce soit.
 
L’uniforme, s’il parle, il ne le fait pas toujours d’une même voix.

Surtout à propos de l’angélisme des Nations Unies où Indiens et Pakistanais doivent collaborer, Serbes et Bosniaques, Russes et Roumains, mais aussi Rwandais et Congolais….

Tout le monde fait comme si ça se passait dans la meilleure efficacité.

Pourtant, c’est loin d’être le cas.
 
Alors, qu’est-ce qui ne va pas ?

Est-ce d’être complice lorsqu’on musèle l’armée car on ne veut pas entendre les réalités qui se cachent si bien derrière les analyses des opérations militaires ?

Est-ce l’idée d’envoyer des étrangers sauver des gens sans leur donner les moyens ou l’autorité de le faire, même les fois où ils savent comment ?

Est-ce d’attendre des solutions de soldats pour les critiquer ensuite ou les accuser d’ingérence ou d’inefficacité dès qu’ils ne réussissent pas à faire mieux que ça ?

Pour eux aussi, la « communauté internationale », c’est du blabla.

Mais eux, ils ne peuvent pas le dire…

(Juillet 2014)
 
Merci à tous ceux qui m’ont fait confiance pour être leur voix d’un instant.  Merci à Alec, Gerard, Peter, Surin, Radu, Moussa, Abdelhatif, Runo, Dominic, Jean-Luc etc.
 

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