Ce que nous croyons - 11 janvier 2015

FDLR : traque ou pas traque ?
Le2 janvier 2015 est passé et rien ne s’est passé. Cette date était pourtant censée correspondre avec la fin de l’ultimatum accordé aux FDLR pour leur désarmement volontaire et total, après un moratoire de six mois. Ceux des éléments de cette rébellion rwandaise qui sévit à l’est de la RDC depuis vingt-et-un ans qui n’auraient pas obtempéré à cette injonction de la SADC et de la CIRGL s’exposaient aux frappes militaires croisées de l’armée congolaise et de la Brigade de la MONUSCO. A quelques jours de la fin de l’ultimatum, le 28 décembre 2014, quelques dizaines de membres des FDLR ont remis leurs armes à la MONUSCO et se sont ainsi inscrits dans le processus de relocalisation – délocalisation qui va les conduire à Kisangani, la ville congolaise au-delà de laquelle personne ne sait où ils iront.
Interrogé sur le sens de cet ultimatum du 2 janvier 2015, Victor Byiringiro, le Président intérimaire des FDLR, a ironisé en disant que cette date était une date comme les autres et que seule la Communauté internationale savait ce qui se passerait.
Depuis ce temps, la MONUSCO assure que les traques sont imminentes. Le Conseil de sécurité de l’ONU, quant à lui, met la pression sur le gouvernement de la RDC pour qu’il déclenche les opérations militaires. Mais la cacophonie est à son comble dans ce contexte où les FDLR divisent les puissances régionales. Le Président sud-africain, principal contributeur des troupes de la brigade de la MONUSCO, avait convoqué un sommet conjoint SADC-CIRGL pour évaluer un ultimatum dont tout le monde avait constaté pourtant qu’il n’avait pas été respecté. L’Angola, hôte habituel de ces sommets vient d’annuler celui-ci, appelant plutôt au déclenchement des frappes militaires, à la grande satisfaction de Kigali et au grand mécontentement de Pretoria.
Alors, traque ou pas traque ? En tout cas cette cacophonie profite aux FDLR et sème le désarroi au sein des populations congolaises dont certaines, par précaution, ont commencé à abandonner leurs villages et leurs terres, pour éviter d’être les victimes collatérales des combats. Mais ne le sont-elles pas ce facto, victimes collatérales ?
Par: Onesphore Sematumba
11 janvier 2015

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