LE CASSE- TETE SECURITAIRE AU NORD- KIVU : A QUAND LE BOUT DU TUNNEL ?

LE CASSE- TETE SECURITAIRE AU NORD- KIVU : A QUAND LE BOUT DU TUNNEL ?

Cette semaine a commencé par l’attaque à la roquette d’une jeep de la Garde Républicaine (GR) dans la localité de Rugari, 50 km au nord de la ville de Goma. C’était le lundi 31 août, alors que ces militaires se rendaient à Goma, en provenance de Rutshuru. Six militaires FARDC-GR, dont un officier, ont perdu la vie sur place, certains blessés ont été acheminés à Rutshuru pour des soins. Les assaillants, « non autrement identifiés », courent toujours. La zone est située au pied des volcans et en plein parc national des Virunga et est réputée être un repaire des FDLR rwandais.

Un peu plus au nord, le Busendo, en plein parc des Virunga (encore), sur l’axe extrêmement vital Goma-Rutshuru-Butembo, continue à être une zone de non-droit. S’y engager, c’est se livrer à l’inconnu, avec tous les risques de rapt (contre rançon), de pillage, voire de mort.

Nous pourrions continuer à égrener le chapelet de ces malheurs auxquels nous sommes devenus familiers, que nous tentons de normaliser, voire de banaliser. Il est en effet devenu normal de se faire braquer dans le Busendo ; emprunter certains axes relève désormais de la folie suicidaire et en revenir vivant et entier procède du miracle.

Mais est-ce vraiment une fatalité ?

De Walikale, 200 km à l’ouest de Goa, nous vient peut-être un début de réponse. Ce vaste territoire a été longtemps le sanctuaire de diverses milices Maï MaÏ, créées au prétexte de protéger leurs communautés mais qui, au fur et à mesure, se sont comportées en petits bourreaux locaux, obligés de vivre sur la bête. Lassés, les ressortissants de ce territoire viennent de décider de mettre fin à cette situation devenue insoutenable. A travers un dialogue social. Ils ont décidé de s’asseoir. Et de parler. Froidement. Les auteurs de l’insécurité ont été identifiés ; il s’agit des miliciens qui ont promis de se reconvertir à une vie normale. Pourvu que les institutions de l’Etat suivent et accompagnent cette bonne volonté de principe. Cependant, pour que cela ne relève pas du saupoudrage, il faut absolument s’assurer que tous les acteurs s’inscrivent enfin dans cette logique. Les acteurs, on le sait, ne sont pas toujours visibles et leurs intérêts ne sont pas toujours lisibles. S’ils demeurent tapis dans l’ombre, là-bas, loin, dans le confort des grandes villes, avec leur capacité de nuisance et de manipulation, la paix, la vraie, sera toujours aléatoire et fragile.

Cette semaine est aussi la dernière des grandes vacances scolaires. Demain sonne la rentrée. Dans les grandes villes et autres îlots stabilisés, les élèves trépignent d’impatience pour aller retrouver leurs petits camarades, leurs « papas maîtres » et leurs « mamans maîtresses », leurs « messieurs » et leurs « mesdames » les professeurs. Ailleurs, comme dans le territoire de Beni, c’est l’angoisse et l’incertitude. Les salles de classes y sont occupées par des déplacés, dont les enfants rêvent aussi de rentrée scolaire.

D’autres enfants ne feront pas de rentrée, à Goma et ailleurs, tout simplement parce que l’enseignement, pourtant décrété gratuit dans le primaire, reste trop cher pour la plupart de nos concitoyens.

Bon dimanche !

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