Les interventions étrangères, les Etats africains et nous

Goma, le 6 juillet 2014.

Pole Institute vient d’organiser un colloque international sur le thème « Que font les armées étrangères en Afrique ? Réflexions autour des interventions militaires internationales dans les pays africains en crise ». En attendant que les Actes de ce colloque sortent et que commence le travail de plaidoyer à partie de ses résultats, je me dois de vous faire, à chaud, les deux mises au point suivantes, qui sont, en vérité, des évidences.
 
La première est que  les interventions étrangères ne sont pas une FATALITE ; elles sont :

  • La conséquence d’un délitement commencé parfois dans le berceau de nos Etats postcoloniaux ; pour mémoire, la première intervention des Nations –Unies au Congo, l’ONUC, a été déclenchée le 14 juillet 1960, soit deux semaines seulement après l’indépendance
  • Le syndrome d’une gouvernance qui ne sert plus de gouvernail ; là où le gouvernail est encore opérationnel, les armées étrangères n’ont pas l’occasion de venir faire du tourisme militaro-sécuritaire

La deuxième, je la formule sous forme d’une question : « peut-on, en Afrique, se passer des interventions étrangères ? »
Oui, bien sûr que oui, vu que ces interventions ne constituent pas une fatalité.
Oui, mais à condition de changer de schème mental

  • Dans la tête de nos dirigeants, dont le tropisme vers l’aide étrangère frise parfois le ridicule, comme cet ex-chef d’Etat défunt de la RCA qui eut la bonne mauvaise idée de faire appel à un chef rebelle d’un pays voisin pour essayer de faire face à sa propre rébellion !
  • Et dans la tête de la population qui, ayant toujours vécu dans des systèmes étatiques où les armées nationales n’étaient que des appareils de prédation absolument incapables d’assurer la sécurité, a fini par intérioriser  que seule une armée étrangère, onusienne de préférence, peut lui garantir un minimum de quiétude. Et qui, de ce fait même, ne peut envisager un avenir sans Casques blancs, sans Casques bleus !

 
Il faut donc travailler à cela, et préparer, dès maintenant, l’après-interventions étrangères.
 
Bon dimanche !
 
Onesphore

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