Nord-Kivu : état de guerre permanent ?

Nord-Kivu : état de guerre permanent ?
Question à un Franc Congolais (FC) : dans quel état, dans quelle situation sécuritaire se trouve actuellement la province du Nord Kivu ? Etat de guerre ? Province assiégée ? Province en paix, avec quelques poches d’insécurité ? Province instable, avec quelques îlots de stabilité ?Cette question me taraude et me plonge dans une profonde perplexité. Une perplexité d’autant plus profonde que chacune des assertions ci-dessus ne sortent pas de mon imagination mais bel et bien des personnalités bien placées pour les asséner.
1. L’état de guerre : la traque des FDLR
Selon Gaston Bouthoul: « La guerre est une forme de violence qui a pour caractéristique essentielle d'être méthodique et organisée quant aux groupes qui la font et aux manières dont ils la mènent. En outre, elle est limitée dans le temps et dans l'espace et soumise à des règles juridiques particulières, extrêmement variables suivant les lieux et les époques. Sa dernière caractéristique est d'être sanglante, car lorsqu'elle ne comporte pas de destruction de vies humaines, elle n'est qu'un conflit ou un échange de menaces. »
A bien des égards, en suivant cette définition, les FARDC et les FDLR (la rébellion armée rwandaise qui a pris ses quartiers à l’Est de la RDC depuis plus de vingt ans). Sauf que personne ne peut dire, à ce jour, quand cette guerre-là prendra fin (mais le sait-on jamais ?) ni où elle se déroule exactement. Quant aux groupes qui se font la guerre, ils évoluent dans un environnement où pullulent d’autres bandits armés, abusivement qualifiés de « groupes armés », qui font le coup de feu sans respect d’aucune règle ; leur motivation pour faire la guerre se limitant à la satisfaction des intérêts de leurs « généraux ». Y a-t-il du sang versé ? Bien sûr, et pas que celui des belligérants. Bref, la guerre est bien là, en plus des conflits et des échanges des menaces, passés et en cours, comme la dernière alerte du gouverneur Julien Paluku.
2. Province assiégée ?
Le gouverneur de la Province du Nord-Kivu, Julien PalukuKahongya, a tiré la sonnette d’alarme cette semaine. Les troupes rwandaises de la RDF auraient franchi les frontières congolaises et se trouveraient sur le sol congolais, quelques kilomètres à l’intérieur des limites du Nord-Kivu (le conditionnel est de moi, l’autorité est affirmative). Comme si cela ne suffisait pas, une énième rébellion serait (ou « est ») en gestation en Ouganda, prête pour fondre sur notre territoire comme un rapace sur un oiselet. Mais, au-delà de ces alertes, en amont, que fait-on, de notre côté pour éviter aux populations ces genres de peurs paralysantes ? Sur les plans politique, diplomatique et militaire, qu’est-ce qui se fait pour donner aux populations un minimum de quiétude afin qu’elles cessent de vivre entre guerres intérieures et menaces extérieures ?
Comme partout ailleurs (enfin, relativement), nous méritons de vivre dans un environnement de paix et non sur des « îlots de stabilité » sur une mer d’instabilité.
Bon dimanche.
Goma, 26.04.15

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