Qui protège les Congolais ?

Goma, le 20 juillet 2014.
Les Congolais, tout le monde le sait désormais, sont des gens pieux, très pieux mêmes. Il n’y a qu’à considérer le nombre d’églises, de sectes, de mosquées et de chambres de prière qui poussent à chaque coin de rue ou au sommet de chacune den nos collines et de nos montagnes, pour s’en rendre compte. Seuls les établissements d’enseignement supérieur et universitaire parviennent à suivre ce rythme de croissance frénétique, avec les résultats qu’on imagine sur la qualité des enseignements et des élites qui les subissent.

Les lieux de culte sont partout, Dieu est déclamé à chaque instant, à tout bout de champ : « Yesu na maombi ! » ; « Jésus et la Prière » ! c’est devenu le derniers recours, le dernier secours face à la détresse, face aux calamités qui nous accablent, au quotidien.

La vie banalisée

A suivre l’actualité de la semaine qui vient de s’écouler ce 20.07.14, l’on se demande ce  que vaut, désormais, la vie de cette créature de Dieu qu’est le Congolais. Ici, c’est un père de famille qui se fait tuer en compagnie de son jeune fils, prénommé Mandela, mais qui n’atteindra pas l’âge du vénérable Madiba. Fauchés, son père et lui, par une soldatesque « non autrement identifiée ». Leur crime ? Ils n’avaient pas de téléphone à offrir à leurs bourreaux en uniforme. Cela s’est passé à la porte de la ville de Goma, en territoire de Nyiragongo.

Là-bas, c’est un pauvre cambiste, un de ces jeunes qui pallient les carences d’une bancarisation poussive, qui est abattu froidement, coupable de détenir par devers lui des billets convoités par ses meurtriers.  Cela s’est passé à Bukavu, la ville métropole du Sud Kivu.

Loin des villes, là-bas, à Rubaya, gros village devenu cité sauvage par la magie de l’exploitation artisanale de la cassitérite, une fusillade a éclaté toute une journée, une mêlée sanglante où les FARDC, l’armée nationale, la PNC, la police nationale,  et la population des creuseurs artisanaux ont fait montre de leur capacité réciproque d’autodestruction. Bilan, une dizaine de morts, tous Congolais, tous vraisemblablement très pieux.

Ailleurs on braque des véhicules, on coupe des routes.

Et partout, les criminels demeurent impunis ; tout le monde les connaît mais personne ne veut les reconnaître : « Yesu na maombi tu !!! »

Espérance de vie

Il y a peu, je suivais un journaliste qui égrenait des statistiques sur l’espérance de vis des Congolais. L’expert expliquait, chiffres à l’appui, que la Congolaise vivait plus longtemps que son frère Congolais, autour de la cinquantaine, etc, etc.

A voir, à écouter l’actualité de cette semaine, je persiste à croire que l’espérance de vie, ici, est de 24 heures renouvelables, Inch’Allah !

Et tant que les criminels opéreront en toute impunité, tant que notre sécurité sera confiée à Dieu et non à ceux qui sont payés par nos impôts pour nous la garantir, la vie des Congolais continuera à compter pour du beurre.

Bon dimanche.

Onesphore

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