A l’université alternative : Alfredo José Do-Nascimento et le mouvement de la renaissance africaine

Ce samedi 25 août 2018, l’université alternative a consacré sa séance hebdomadaire à l’étude du mouvement de la renaissance africaine à partir d’un texte du juriste et politologue Alfredo José Do-Nascimento. 35 jeunes (29 garçons et 5 filles) ont participé à cette séance qui s’est déroulée en deux temps : un temps de présentation de la pensée de Do-Nascimento sur la renaissance africaine par Innocent Mpoze, Assistant à l’Université  catholique La Sapientia de Goma, et un temps d’échange en petits carrefours où les participants ont discuté entre eux sur la vision du célèbre juriste et politologue africain.
                Dans sa présentation de la pensée de José Do-Nascimento, Innocent Mpoze a mis l’accent sur ce qui constitue l’originalité de ce penseur : la vision de la renaissance africaine comme paradigme pour comprendre la situation actuelle de l’Afrique dans le monde. En tant que paradigme, la renaissance est un nouveau cadre de pensée dans lequel tout problème qui concerne notre continent devra être abordé. Ce cadre montre comment la situation de l’Afrique ne doit pas être pensée selon la perspective de la quête du développement comme rattrapage de l’Occident, mais selon une compréhension du destin de notre continent comme un destin de déclin. Ce déclin est lié à la régression qui nous a été imposée par le monde occidental dans des traumatismes dont nous devons sortir par  l’effort même de renaissance dans tous les domaines de notre vie. Sortir du destin du déclin pour entrer dans la destinée de renaissance, cela exige que nous affrontions les traumatismes dont nous souffrons à l’échelle psychique, à l’échelle politique, à l’échelle économique, à l’échelle culturelle, à l’échelle militaire et à l’échelle géostratégique. Cela nous permettra de reprendre notre initiative historique en main et de redevenir créateurs et inventifs comme nous le fûmes en nos temps de grandeur dans l’Egypte pharaonique et à l’ère de grands empires africains. Il faudra alors mettre au cœur de l’éducation des jeunes la pensée de Cheikh Anta Diop, chercheur qui a donné à l’Afrique le vrai sens de la renaissance comme vrai paradigme à adopter contre le faux paradigme du développement dont les Africains souffrent encore de nos jours. Cela permettra surtout à l’Afrique de créer et d’imposer sa propre modernité dans la géopolitique mondiale.
                Sur la base de cette pensée de José Do-Nascimento, la question proposée pour les discussions dans les carrefours des jeunes était celle-ci : Que devons-nous faire en tant qu’Africains pour être de plain-pied dans le paradigme de la renaissance africaine aujourd’hui ?
                Le premier groupe de discussion a insisté sur les exigences suivantes : il faut déconstruire l’imaginaire africain, unir l’Afrique dans un panafricanisme inventif, réinterpréter l’histoire africaine à partir de ses sources primordiales, éduquer les jeunes selon les exigences de renaissance afin qu’ils aient une conscience nouvelle de leur destinée et assument désormais leurs responsabilités pour construire l’Afrique nouvelle.
                Le deuxième groupe a insisté sur la dimension individuelle et sur la dimension collective de la renaissance comme énergie de foi pour inventer l’Afrique de l’avenir. Il a été aussi sensible à l’urgence d’un nouveau leadership pour une nouvelle gouvernance africaine, avec des hommes politiques enracinés dans l’exigence de l’unité et de la coopération des Africains.
                Quant au troisième groupe, il a surtout centré sa vision de l’Afrique nouvelle sur la dimension globale et totale de la renaissance du continent et sur le caractère concret et pratique de ce qu’il y a lieu de faire, à savoir vivre la vie quotidienne et réaliser tout ce que l’on doit faire pour que l’Afrique assume sa destinée en s’ouvrant avec toutes ses richesses au monde pour le changer.
                Dans la séance d’ensemble où les trois groupes se sont retrouvés, toutes les exigences  dont chacun d’eux était porteur ont été nouées en gerbe par le professeur Kä Mana qui a demandé aux jeunes de faire tout ce qu’ils ont mis en lumière et en exergue comme leur engagement dans la renaissance africaine. 

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