Synthèse des travaux du colloque de Pole Institute sur « La mobilité humaine et les conflits au 21ème siècle »

colloque international goma 2017
Ce colloque a réuni des chercheurs et praticiens du Nigéria, du Mali, du Cameroun, de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de la RDC. Les contributeurs et les participants ont procédé à un éclairage historique, politique, culturel et économique au niveau des concepts : - La mobilité humaine est un fait universel sans lequel l’humanité ne saurait avancer ou même survivre. La mobilité comme source de création d’opportunités. L’humanité se fonde et s’est fondé sur les mouvements des personnes et des biens. Elle est le fondement du commerce, de la création des richesses, mais aussi des échanges intellectuels et de l’enrichissement des cultures. - Or souvent la mobilité des biens est acceptée mais pas celle des personnes. Stopper la mobilité équivaut à stopper les dynamiques. - En Afrique comme en Europe il y a une longue tradition de migrations et de déplacements. - Or aujourd’hui les migrations sont souvent vues de façon ahistorique comme essentiellement des causes et des conséquences de conflits. Ces migrations peuvent avoir différentes motivations et être de différents types : économiques, humanitaires, politisées/manipulées, etc. En plus elles sont médiatisées et interprétées de façons diverses ce qui peut engendrer ou renforcer des conflits. Notre perception des migrations est dominée par la peur. - Cependant on vit le phénomène de « glocalisation » avec des diasporas qui mettent à disposition de leurs pays d’origine des ressources souvent plus importantes que les coopérations au développement. - Or l’Afrique qui était une terre d’ouvertures et d’échanges est perçue comme un « continent de conflits » avec beaucoup de déplacés et de réfugiés qui sont d’ailleurs pour la plupart absorbés par les pays africains eux-mêmes. Dans certains contextes déstabilisés ces mouvements créent ou renforcent l’insécurité (exemple de la RDC). - On parle très peu des migrations positives qui créent de l’enrichissement et de l’interfécondation et s’intègrent facilement dans de nouveaux environnements : la musique, le commerce, la mode, etc. Il est utile de dégager les critères pour une migration réussie. - Les migrations internes dans les pays africains sont beaucoup moins analysées que les migrations internationales. Pourtant elles sont importantes dans un certain nombre de pays. (RDC 2e plus important au monde après la Chine) - Les notions « d’allochtone » et « d’autochtone » dominent les discours et créent ou enveniment des conflits fonciers, électoraux et autres. Or elles sont au coeur des visions porteuses de discrimination : « l’autochtonie », opposée à l’étranger, ceux qui sont nés de la terre par opposition à ceux venus d’ailleurs. A ce propos une phrase du philosophe Emmanuel Kant : « Personne n’a originairement le droit de se trouver à un endroit de la terre plutôt qu’à un autre ». La liberté de circulation et l’hospitalité ne sont pas d’ordre « humanitaire », mais un droit humain naturel. Les anciens pouvoirs contrôlaient ...

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