Pénurie en Médicaments essentiels bientôt à Walikale, Médecins sans frontière tire la sonnette d’alarme !
« Les équipes de terrain de Médecins Sans Frontières en territoire de Walikale courent le risque de faire face à une pénurie de médicament
s essentiels d’ici deux semaines » : c’est la déclaration de la coordonnatrice des activités MSF dans ce territoire.
Ceci est conséquence de la détérioration de la situation sécuritaire qui s’accentue dans cette partie de la province, avec notamment, un impact négatif considérable sur les activités humanitaires. Selon les équipes de terrain de Médecins sans frontières dans la zone, l’intensité de la violence a gravement affecté l’accès aux soins de santé. Quatre-vingt pourcents de la population a fui la région craignant les hostilités. En effet, la société civile locale avait déjà alerté sur un déplacement massif des populations et une détérioration critique de la situation humanitaire. Une situation qui s’est rapidement dégradé ces dernières semaines. L’organisation médicale d’urgence (MSF) confirme que plus de 700 personnes déplacées se sont réfugiées à l’hôpital général de Walikale.
Des équipes de terrain avec une capacité opérationnelle réduite
« Nos équipes doivent suspendre leurs activités médicales lorsque des combats éclatent et ne peuvent pas se déplacer en toute sécurité. La sécurité de notre personnel et de nos patients est notre priorité absolue » : déclare Natalia Torrent, responsable des programmes de MSF au Nord-Kivu.
Plus d’une fois, la base de MSF en territoire de Walikale, s’est retrouvée de manière fortuite ciblée, prise entre les tirs croisés des belligérants, obligeant l’organisation à confiner ses équipes afin de ne pas les exposer.
« Des tirs intenses ont été entendus à proximité de notre base, soulignant les risques extrêmes auxquels sont confrontés les travailleurs de la santé et les communautés qu’ils servent. Il y a deux semaines, des tirs croisés ont touché notre base logistique, affectant nos structures et certains de nos véhicules. Des explosions massives ont eu lieu près de l’hôpital général de la ville, où MSF aide le ministère de la Santé à fournir des soins médicaux » : peut-on lire dans le communiqué de presse sur la situation sécuritaire et humanitaire de Walikale publié par MSF au début du mois d’Avril.
Des besoins en médicaments essentiels urgents confrontés à des défis logistiques critiques
L’afflux des déplacés qui ne cessent de se réfugier à l’hôpital général de Walikale augmente de plus en la pression sur le personnel soignant qui travaillent déjà avec des ressources limitées. Le convoi des médicaments pour l’approvisionnement et même le renforcement ou l’évacuation du personnel constituent un réel défi.

Dans une interview accordée aux médias locaux, la Coordonnatrice des activités de MSF à Walikale révèle que son organisation fait face à des défis logistiques critiques sans routes ou voies aériennes viables pour faciliter le transport des fournitures et du personnel.
« Notre dernière livraison aérienne est arrivée le 17 janvier 2025. L’aéroport n’étant toujours pas opérationnel, l’acheminement de l’aide humanitaire est un défi », dit Imen Ben Othmen.
« D’ici deux semaines, nos équipes sur le terrain commenceront à faire face à des pénuries de médicaments essentiels, ce qui compliquera encore leur capacité à fournir une assistance médicale urgente » : s’inquiète de son côté la responsable des programmes de MSF au Nord-Kivu.
Médecins Sans Frontières continuent à plaider pour une application stricte des principes du Droit international humanitaire. L’organisation médicale d’urgence appelle toutes les parties au conflit à respecter et à protéger les civils, les structures médicales et le personnel de santé. MSF leur demande aussi de faciliter le convoi avant approvisionnement des produits et intrants médicaux dans la région. Elle demande d’urgence un accès sûr et garanti aux soins de santé pour toutes les personnes touchées par le conflit.