Vingt structures locales identifiées en Ituri pour soutenir les activités de dialogue démocratique du projet Borderlands

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Entretien individuel avec les leaders des structures de dialogues à Mahagi

Du 20 avril au 05 mai 2026, Pole Institute a organisé une série d’assises consultatives en province de l’Ituri, réunissant des autorités locales, des chefs coutumiers ainsi que des représentants de la société civile, afin d’identifier les structures locales et provinciales susceptibles d’appuyer les activités du projet Borderlands dans cette région.

Mis en œuvre par Pole Institute, Africo et Justice Plus, sous le leadership de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et avec le soutien financier de l’Union européenne, le projet Borderlands vise à renforcer la coopération transfrontalière, la stabilisation et la résilience des zones frontalières entre la République démocratique du Congo (RDC) et la République de l’Ouganda.

Entretien individuel avec les leaders des structures de dialogues à Mahagi
Entretien individuel avec les leaders des structures de dialogues à Mahagi

Les consultations, organisées notamment à Kasenyi, Tchomia, Otso, Adzida et Karombo, ont permis aux parties prenantes d’identifier les conflits les plus récurrents dans ces zones et d’analyser les mécanismes communautaires de dialogue et de résolution des différends actuellement utilisés.
Dans plusieurs localités, les échanges ont mis en lumière la persistance de conflits fonciers, conjugaux et sociaux, qui fragilisent la cohésion communautaire et alimentent les tensions locales.

« Dans notre communauté, les conflits fonciers liés aux limites de terres ainsi que les différends conjugaux et sociaux divisent souvent les familles et affectent la cohésion sociale. Lorsque ces situations surviennent, nous faisons appel aux sages et aux anciens afin de trouver des solutions fondées sur nos traditions. Toutefois, face aux défis actuels, notamment dans un contexte frontalier aussi sensible, ces mécanismes montrent aujourd’hui certaines limites », a déclaré le chef de la chefferie d’Otso, dans le territoire d’Aru.

Focus group avec le barza communautaire de Otso
Focus group avec le barza communautaire de Otso

À l’issue de l’analyse des conflits récurrents et des mécanismes locaux de médiation, les participants ont procédé à l’identification, au ciblage et à l’évaluation fonctionnelle de plusieurs structures communautaires susceptibles de contribuer à la mise en œuvre des activités de dialogue communautaire du projet. Ce processus a permis de retenir 20 structures locales considérées comme des acteurs clés pour soutenir les initiatives de prévention et de gestion pacifique des conflits.
Pour Philippe Lobini, chef du projet Borderlands, les résultats de ces consultations sont encourageants et permettront d’orienter de manière plus stratégique les interventions du consortium chargé du pilier dialogue démocratique.

« Ces sessions d’échange ont permis d’identifier et d’évaluer le fonctionnement des mécanismes de dialogue existants dans les zones d’intervention du projet. La prochaine étape consistera à mettre en place des structures de dialogue communautaire sur lesquelles le projet s’appuiera pour la mise en œuvre d’activités visant à réduire les tensions intercommunautaires et intracommunautaires », a-t-il précisé.

À travers une approche intégrée, le projet Borderlands ambitionne de renforcer la cohésion sociale, la sécurité et la gouvernance locale dans les zones frontalières entre la RDC et l’Ouganda. Le projet combine des interventions axées sur le dialogue communautaire, le renforcement des mécanismes locaux de gouvernance, l’amélioration de l’accès aux services de base ainsi que la promotion d’opportunités socio-économiques durables, afin de contribuer à une paix et une stabilité durable dans les communautés frontalières.