Du 31 Mai au 20 Juin 2026, les membres des Comités locaux de paix et de développement (CLPD) du secteur des Bahema Sud(Kasenyi), dans le territoire d’Irumu et de la chefferie de War Palara en territoire de Mahagi, ainsi que ceux des Groupes de Dialogues(GD) de la chefferie des Bahema Banywagi(Tchomia), dans le territoire de Djugu et de la chefferie de Otso en territoire d’Aru ont bénéficié d’une formation approfondie sur l’analyse du contexte, l’analyse des conflits, la sensibilité aux conflits et les mécanismes alternatifs de résolution des différends. Cette activité a été organisée dans le cadre du projet Borderlands financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) en collaboration avec Pole Institute.

Pendant les sessions de formation, les participants ont été formés à différentes méthodes d’analyse des conflits et du contexte, afin de mieux comprendre et prévenir les défis sécuritaires et sociaux auxquels leurs communautés sont confrontées.
Selon Christian Vangazi, facilitateur de la formation, l’objectif principal était de permettre aux membres des structures locales de paix de maîtriser les outils nécessaires à la compréhension et à la gestion des conflits.
« Nous avons voulu renforcer les capacités des membres afin qu’ils puissent mieux analyser leur contexte à travers plusieurs outils, notamment l’arbre à problèmes, l’outil PESTE (politique, économique, social, technologique et environnemental), ainsi que différentes approches d’analyse des conflits telles que le profil historique, l’arbre des conflits, l’oignon du conflit et la cartographie des acteurs. Cette formation leur a permis de mieux identifier les causes profondes des tensions et de proposer des réponses adaptées », a-t-il expliqué.
Il a également souligné l’importance de la sensibilité aux conflits dans la mise en œuvre des projets communautaires.
« Les participants ont été amenés à comprendre les différentes étapes de l’analyse sensible aux conflits, à identifier les interactions entre les projets et leur environnement, puis à adapter les interventions afin qu’elles contribuent davantage à la paix qu’à l’aggravation des tensions », a ajouté Christian Vangazi.
De son côté, Philippe Lobini, chef du projet au sein de Pôle Institute, a rappelé que cette initiative vise à renforcer le rôle des structures locales de dialogue et de médiation.
« Cet atelier avait pour objectif de rappeler aux membres du Comité local de paix et de développement ainsi qu’au Groupe de Dialogue leurs rôles et leurs missions en tant que cadres permanents de dialogue, de prévention et de résolution pacifique des conflits au sein de leurs communautés », a-t-il déclaré.
Les responsables locaux ont salué cette initiative et exprimé leur satisfaction quant aux connaissances acquises par les participants.
Le chef du secteur des Bahema Sud, M. Kataloho Takumara André, facilitateur principal du CLPD, ainsi que Mme. Sango Malamu Sylvie, facilitatrice principale du Groupe de Dialogue des Bahema Banywagi, ont remercié Pole Institute pour avoir choisi leurs entités dans le cadre de ce programme de renforcement des capacités.
« Aujourd’hui, nos membres sont mieux outillés pour accompagner les communautés dans la gestion pacifique des différends et favoriser la réconciliation. Nous les invitons à mettre en pratique les connaissances acquises et à rester à l’écoute de la population afin d’intervenir rapidement lorsqu’apparaissent de petits conflits », affirme l’un d’eux.
Le chef de la chefferie de Otso en territoire affirme que cette formation revêt une grande importante pour la bonne gestion et résolution des conflits dans son entité.
« En ma qualité de chef de la chefferie des Otso, je me réjouis de cette formation qui arrive à point nommé dans un contexte marqué par la recrudescence des conflits fonciers, communautaires et sociaux. Les connaissances acquises nous permettront de mieux prévenir et gérer les conflits, tout en renforçant la cohésion sociale, la culture de paix et le vivre-ensemble au sein de notre communauté », a-t-il affirmé.
Il convient de rappeler que cette formation s’inscrit dans le cadre du projet Borderlands, un programme de renforcement de la coopération transfrontalière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, financé par l’Union européenne.
Cette activité du projet Borderlands de l’Union européenne est mis en œuvre par Pôle Institute en partenariat avec Justice Plus et Afri-Co, sous le pilotage de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).