Les crises allochtones – autochtones fragilisent la cohésion sociale et la
cohabitation pacifique en RDC. Il est impérieux que les autorités et la
société civile s’y penchent avant que les choses ne s’empirent. Ainsi,
quelques interrogations méritent d’être soulevées. Premièrement, il
convient de s’interroger sur le rôle que jouent les associations culturelles
dans les différents conflits communautaires, et surtout dans la confrontation
entre autochtones et allochtones. Est-ce que ces associations jouent un rôle
fédérateur et de cohésion sociale ? Jouent-elles un rôle d’exclusion, et de
manipulation, et de transmission de discours de la haine ? Au Katanga
comme au Nord Kivu, par exemple, on dénonce de plus en plus le rôle
négatif que joueraient certaines associations culturelles dans les conflits
locaux. C’est une question qui mérite une réflexion. Deuxièmement, il
convient d’interroger le rôle que le partage des postes politiques et
administratifs au niveau provincial entre différents groupes ethniques joue
dans les conflits. Au Nord-Kivu, à l’avance, l’on sait identifier quel poste
politique et/ou administratif revient à quel groupe ethnique. Les autres
enfants congolais qui ont grandi et étudié dans cette province et,
n’appartenant pas aux communautés de la province, ont très peu de chance
de travailler pour l’administration publique locale. Il faut donc se demander
si la décentralisation congolaise est entrain de désintégrer le pays, en créant
des petites nations au sein de la nation congolaise.